Le blog d'une ex tox sortie d'affaire

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Sentiment de mal etre

Sentiment de mal-être qui me prend dans le ventre, j'avais oublié à quel point ça fait mal à quel point le regard des autres me fait mal aux épaules. Une heure et demie à attendre je vois les aiguilles qui avancent et reculent. Ce que le temps est long, ce que les gens sont cons ! Ils me saoulent en parlant et me donne des frissons. J'avais oublié comme ça peut gaver. J'attends dans ce bar qui devient resto et que vais-je devenir faut-il que je bouffe si je veux rester. Rien que le nom des plats me donne envie de vomir. Mon estomac se serre et ma main se crispe. J'allume une clope -mes mains sont moites – je transpire. Mon pull me colle mais j'ai froid et si je l'enlève les gens vont voir mes muscles qui se crispent et se détendent au gré du vent, déjà que j'ai du mal à cacher ma clope qui oscille comme une brindille tellement ma main me lâche – salope – tiens toi bien – je relève la tête de temps en temps pour ne pas éveiller la curiosité. Mes pieds sont pleins de fourmis et mon esprit aussi. L'angoisse monte ! Combien de temps je vais pouvoir attendre comme ça, sans me faire virer. Je pense à Tanguy qui s'il me voyait se barrerait en courant tellement je fais peur, mes joues se creusent à chaque mot que j'écris, plus qu'une heure et vingt minutes, c'est une horreur, j'aimerai me cacher sous terre, disparaître mais je veux que les gens voient, qu'ils voient à quel point on est cruels entre nous, et à quel point la déchéance est proche. Je veux qu'ils voient que la vie n'est pas rose pour tous, que je bade. Je teste mes limites, j'écrits et je décrits toutes les sensations qui traversent mon corps dans l'espoir de les partager avec d'autres. Oui dites moi qu'en ce moment je ne suis pas seule à attendre, surtout dans ce quartier vous êtes des milliers mais ou êtes vous cacher ? Je vous ai chercher, besoin de parler, de comparer, de se réconforter, et de rêver au jour où …

Je viens de relire – envie de chialer- ou sont mes anxiolytiques – moi qui rêvait à une vie classique je crois que c'est raté. Je passe ma vie à attendre que le temps passe plus vite, ça y'est je lâche la cappuccino au profit d'un gin feeze, signe que j'atteint mes limites, signe d'un besoin de drogue ou de douceur et de tendresse, si quelqu'un se propose ? Mais en même temps si quelqu'un me touche je vais exploser. En moi tout bouillonne, tout tremble comme si une tempête ou un ouragan me ravageait de l'intérieur. Cet envie de fondre en larme monte et monte et monte – faut pas que je craque- je perd patience – il vient ce gin – musique d'ambiance qui feint à me calmer si seulement je pouvais ! Jamais je n'aurai du imaginer que j'allais guérir d'une dépression en la fuyant et maintenant elle me rattrape, je n'ai rien guéri du tout, elle est la aux coins de mes yeux prête à sortir à n'importe quel moment, prête à me ridiculiser devant une foule d'inconnus. Une chose est sure, je l'ai apprise avec le temps, je ne vais pas crever, c'est déjà pas mal ! J'ai éviter le pire quoi qu'en y réfléchissant il vaut peut être mieux mourir que souffrir. Je vais me pauser dix minutes, le temps de siffler ce gin délicieux au moins une chose de bon !

 

Je reprends mon écriture, comme un exutoire pour ma souffrance. Tanguy m'a appelé pour savoir pourquoi je n'allais pas au travail. Ca c'est cool, ça fait plaisir ! Pour une fois il ne m'a pas chiné sur le fait que je sois encore en arrêt maladie. Pourquoi je lui mens, je devrais être fière d'être sur la voie de la guérison mais non j'ai honte. Honte de ce passé de merde. Je ne suis qu'une abrutie qui ne fait rien comme il faudrait. Il me reste cinquante cinq minutes à attendre. Heureusement que ce bar est sympa sinon j'aurais vite fait d'exploser.- coup de film – l'alcool me détend l'esprit mais pas les muscles ! Mais au moins je suis plus calme psychologiquement. J'aborde la dernière heure avec patience mais avec hâte d'en finir. Je vais aller faire un tour histoire de changer de lieux et de changer de voisins ceux-ci me gavent avec leurs vies parfaites ! je patiente juste devant la devanture. Au loin je vois d'autres personnes qui doivent eux aussi attendre la même personne que moi, je tourne et retourne devant l'immeuble, fumant clope sur clope. Je fais des aller et venues sur la place, il est l'heure, il devrait être là, qu'est ce qu'il fait !

 

Ça y'est la croix verte clignote, enfin !!! Je traverse la place à toute vitesse parce que forcement j'étais à l'autre bout de la place à force de marcher ! J'atteins enfin la pharmacie, je vais pouvoir avoir ma dose ! Celle que j'atteins depuis quatre jours et qui m'a mis dans cet état ! Le pharmacien est mon dealer et c'est lui que j'attends depuis deux heures ! Ca y'est j'ai mon traitement pour quinze jours, ma drogue à moi, celle qu'on m'a prescrit pour que j'arrête l'héro mais aujourd'hui je fais encore le constat que ces deux produits sont identiques mis à part d'un point de vue législatif. Au final j'attend le médecin et le pharmacien comme mes dealers, je m'engueule avec eux car je consomme trop ou que je ne peux pas les payer et je reste dans un système de dépendance et de surveillance qui m'oblige à mentir. Leur mentir, mentir à mes proches, à mes collègues, à tous ! Pourquoi ? car si je vous dis que je m'occupe de vos enfants alors que je suis une ancienne toxico et que je n'ai que vingt ans comment allez vous réagir ? Et comment moi je peux évoluer si je n'assume pas le fait que ma dépendance soit une maladie comme les autres et non un châtiment que l'on m'inflige pour que je regrette mes erreurs ? Comment faire pour assumer ce passé que je regrette sans cesse et comment aborder la vie sans culpabiliser et me morfondre ?

 

 

 

 



Article ajouté le 2008-06-10 , consulté 150 fois

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